Sept Eglises de Apocalypes

THYATIRE

Ville de la province romaine d’Asie dans l’ouest de la Turquie actuelle (aujourd’hui Akhisar). Située dans une vallée basse, c’était une ville de garnison sur la frontière et un centre important pour la fabrication et la teinture des tissus, la poterie et le travail du cuivre. Lydie (Act 16.14) était probablement l’agent commercial d’une manufacture de Thyatire. La teinture pourpre a été fabriquée à partir de la garance jusqu’au XXe siècle. La lettre d’Ap 2.18-29 fait allusion à la situation de la ville. Jézabel est probablement le nom symbolique d’un enseignant dans l’Eglise qui faisait des compromis avec les pratiques païennes, peut-être en rapport avec certaines confréries de marchands.

SARDES

Capitale du royaume de Lydie, c’était une des villes les plus riches du monde antique : elles tiraient ses richesses de l’or que l’on extrayait du fleuve Pactole. Crésus, célèbre pour sa fortune, en fut roi au VIe siècle av JC. C’est dans cette ville richissime que les premières monnaies furent frappées. On y travaillait bien sûr l’orfèvrerie et la ville était riche de vergers et d’artisanats textiles. Complètement détruite par un tremblement de terre en 17 av JC, la ville fut reconstruite par les Romains et connut un fort essor chrétien au cours du Ie siècle de notre ère. Dans cette ville dédiée au culte d’Artémis, les chrétiens ont du éprouver des difficultés dans leur foi, car Jean reproche à cette communauté d’être morte spirituellement. (Ap 3:1-6). Sans doute un réveil a-t-il eu lieu par la suite si l’on en croit les fouilles archéologiques : de nombreux signes de croix ont été découverts sur les murailles du temple de la déesse, ce qui peut laisser penser que les chrétiens avaient investi la place et la dédièrent au culte du Seigneur. Au IVe siècle, les chrétiens abandonnèrent ce grand Temple et construisirent dans un coin de la ville une maison où exercer leur culte. Les vestiges en sont encore bien conservés.

PHILADELPHIE

Ville de la province romaine d’Asie, à l’ouest de la Turquie moderne. Fondée au IIe siècle av JC, elle est située au seuil d’une région fertile (la porte ouverte d’Ap 3.8) qui était exposée à de fréquents tremblements de terre ; l’un d’eux la détruisit en l’an 17; elle fut reconstruite et reçut le nom de Néo Césarée (Apocalypse 3:12). Elle possédait de nombreux temples, où se déroulaient des fêtes religieuses, et ses habitants étaient connus pour leur fidélité (Apocalypse 3:8). L’église y avait rencontré l’opposition des Juifs (Apocalypse 3:9).

LAODICÉE

La ville fut fondée en 250 av JC par Antiochus II qui l’appela ainsi en l’honneur de son épouse, Laodice. La ville fut peuplée de syriens et de juifs anciennement déportés à Babylone. La ville tira très vite sa célébrité du tissage de la laine noire et brillante utilisée pour faire des tapis et des vêtements. La ville prospérait avec dans ses environs une riche agriculture et un fort cheptel de moutons. Sa position géographique entre les ports de la mer Égée et le continent avait fait de Laodicée une riche place financière contrôlée en majorité par les juifs. La lettre de Jean (Ap 1:4-11) reproche à la communauté de Laodicée son opulence matérielle qui lui a fait perdre de vue les choses de l’Esprit. Il lui reproche sa tiédeur : allusion aux sources d’eaux tièdes en terrasses (voir l’illustration) qui alimentaient la ville. Les conseils du Christ à cette église sont en parallèle avec les activités de la ville : il lui est conseillé d’acheter de l’or éprouvé par le feu (allusion à la richesse financière de la ville), des vêtements blancs (allusion aux célèbres vêtements de laine noire) et un collyre pour oindre ses yeux (allusion à la “poudre phrygienne”, utilisée à cette époque pour soigner les yeux et qui a pu être fabriquée dans cette ville).

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